Jeudi 16 février 2012

N° 227


L’atroce suspense qui pesait sur la candidature du Président de la République à sa propre succession a pris fin hier au soir. Mais il est un autre suspense, non moins atroce, qui pèse sur notre Principauté : qui va être le suppléant du Prince pour la prochaine élection législative ?

Plusieurs candidatures pourraient être envisagées…

La première solution pourrait consister à choisir comme suppléant, ou plus exactement comme suppléante, une élue appartenant à l’UMP, le parti du Prince, choisie dans la commune la plus importante de la circonscription : Mandelieu. Or, si la solution pourrait sembler évidente, le problème c’est qu’il est évident qu’elle ne fera pas sauter de joie le Prince…

La deuxième solution pourrait consister à choisir comme suppléant le Maire de la commune de Théoule ou encore le Maire de celle de Vallauris, tous deux membres de l’UMP. Le problème avec le premier c’est qui pourra difficilement apporter plus de 2 ou 300 voix dans la corbeille de la mariée ; c’est peu pour devenir Député-suppléant. Quant au second, s’il n’a pas encore eu le temps de « s’user » au contact du Prince, il est loin d’être certain qui lui apportera un soutien éternel.

La troisième solution pourrait consister à choisir comme suppléant un électeur choisi au hasard sur la liste électorale de la huitième circonscription. Le problème avec cette solution est qu’elle laisse trop de chance pour que l’ « heureux » bénéficiaire refuse tout net une telle « chance ».

Il est bien une quatrième solution qui pourrait consister à choisir comme suppléant celui qu’il a déjà depuis une douzaine d’année et qui lui colle aux basques comme un vieux chewing-gum colle à la chaussure et dont on a tant de mal à se débarrasser.

Le problème avec cette solution est qu’il ne pourra peut-être pas passer à travers… car il n’a peut-être pas vraiment le choix…

En attendant, Princes comme Manants, nous vous souhaitons une bonne lecture à toutes et à tous !

Michel Émeriau
Rédacteur en chef du Cannois Déchaîné







Cannes et ses Îles : je t’aime moi non plus ; tant mieux ?
Aïe ! Aïe ! Aïe ! Encore ce sujet délicat sur tout ce qui touche les Îles de Lérins. Le Cannois (qui y va rarement mais régulièrement), et même le Mandolocien, le Cannetan, le piéton de Golfe-Juan (qui les voit tous les jours) sont prêts à s’enflammer dès que l’on touche à « leurs » Îles…

Beaucoup de jeunes parisiens intra-muros, peut-être des milliers sur vingt ans, en gardent des souvenirs de vacances, de colos sportives merveilleuses, via la Ville de Paris. Sans compter les plaisanciers, les marcheurs, les amoureux de la Grande Bleue, tous ceux qui les ont foulées, beaucoup de gens connaissent les Îles. Pourtant les Îles souffrent d’un mal mystérieux mais protecteur : c’est un sanctuaire, qui plus est respecté de tous, volontairement ou non ! De ce respect, inconscient chez la plupart d’entre eux, ou de ceux qui le découvriront, les Îles bénéficient à la fois d’une distance [1], mais aussi d’un attachement prouvé depuis des siècles, il n’y a qu’à voir l’ « état » des Îles aujourd’hui : que ce soit Sainte-Marguerite, la laïque, ou Saint-Honorat la monacale catholique ; il n’y a qu’à les connaître : humbles, propres, respectées, dynamiques, patrimoniales, pluriactives, belles tout simplement. Ce statut en fait un lieu préservé, un chapelet de lieux où chacun, selon comment il y accède, peut jouir librement et presque gratuitement d’une nature terrestre, géographique, et humaine, historique, mémorielle, préservée, un panard écolo-politique. Alors pourquoi ça gueule, à propos d’un espace normalement voué au silence et à la prière au sud, et aux siestes tranquilles et aux sports nautiques au nord ?

Comment en est-on arrivé là ? Prenons le cas présent, l’Hostellerie du Masque de Fer, une verrue en fin de vie dont l’histoire commerciale ne fut qu’une succession de décrépitudes et de déchéance architecturale depuis sa construction à la « belle époque » des villas aristocratiques et des palaces cannois [2]. Déjà, soyons basique, de quoi s’agit-il : d’un contentieux entre un tenant, puis des embrouilles entre tenants, et un propriétaire terrien, la Ville, qui récolte les fruits de ses politiques libérales de l’époque : le sol est à la ville, mais le bâtiment c’est moins sûr (tiens, alors on attend qu’il faille le détruire tant il sera ruiné ?), et ça pose des problèmes. Les Îles sont riches de ce genre de chicaneries juridiques qui datent du Xème siècle. Chaque Cannois un peu « aware » sur les Îles sait que les moines se sont battus avec acharnement pour faire respecter leur droit du monopole du transport vers Saint-Honorat, chez eux, alors qu’ils sont ouverts à tous depuis longtemps. Il voulait limiter le nombre de « pèlerins » si je puis dire, l’Île est moins usée aujourd’hui, les moines ont régulé la fréquentation. Souvenez-vous, le port de Cannes était fébrile, et les magistrats se régalaient car les moines présentaient des chartes du XIème siècle ! Ça craint au tribunal pour l’adversaire… Et je ne parle pas des tentatives de récupération des cabanons sur la rive nord de la grande Île par la mairie… mais ce n’est pas la première fois depuis des décennies.

Alors où est le problème ? Que fera-t-on sur cet emplacement ? Garderons-nous le bâtiment et ses jardins, ses annexes, ses servitudes de terrain situé dans une impasse ? Construira-t-on autre chose, mais pour quoi faire ? Si c’est pour avoir un lieu bling-bling accessible uniquement par vedette, pour des vedettes, séparé de la vie quotidienne des insulaires, où l’on reçoit Lady Gaga ou le Président chinois pendant les récurrents G20, construit par Bouygues ? Je dis c’est NON !

Si l’on peut sauver le bâtiment, le restaurer et optimiser son fonctionnement, en faire un endroit sympa, malin, ouvert à tous, peut-être par une société d’économie mixte, intégré à la vie des Îles, côté Sainte-Marguerite (les vacanciers des cabanons, les cabanes à sandwich, les restos, les habitués, les employés de la Mairie, de Cannes Jeunesse, de l’ONF, les pompiers…), un lieu remarquable et adaptable, souple, ouvert, mais respectueux de l’âme lente mais résolue d’un lieu d’histoire et d’attachement pour des centaines de milliers de gens, qu’ils soient Cannois ou de la planète. Un lieu où l’argent n’est pas un obstacle mais le respect demandé. JE SUIS VOLONTAIRE POUR AIDER !

Ne laissons pas les renards fricards privatiser et piller un lieu public qui appartient à tous. Ne laissons pas l’abandon, la distance, faire de nos Îles un musée à ciel ouvert, un cimetière sur une Côte-d’Azur disparue, sauf là.

Emmanuel Doveri
Universitaire, Chercheur





Honorine au Marché

- Salut Honorine, tu fais ton marché ?
- Bon-jour Vincent. T’es le premier que je rencontre ce matin !
- C’est normal, même le Quotidien l’a dit… et tu le vois bien, les allées du Marché sont désertes, et y a moitié de marchands en moins !
- Faut se rendre à l’évidence… la piétonisation c’est pas une riche idée !
- Le Prince y voulait plus les voitures… de ce côté-là c’est réussi !
- Plus de voitures… égal plus de clients non plus… c’est d’une logique implacable !
- Et toi, Honorine, en logique tu t’y connais !
- Écoute Vincent, c’est facile à comprendre. Le petit vieux qui avait l’habitude de se garer une heure gratuite au parking et qui descendait à pied choisir ses légumes chez son marchand favori… et bien maintenant, y peut plus faire ça !
- Et pourquoi ? Il est toujours gratuit son parking !
- Voui, mais en sortant, y venait en voiture au marché… y remplissait son coffre avé l’aide du vendeur… et y repartait en ayant eu seulement la difficulté de bouchonner un peu.
- Ah, vu sous cet angle…
- Faut savoir voir sous tous les angles quand on est décideur. Le Prince avé ses ambitions de ville calme… il a réussi le calme absolu ! Alors si les riverains y trouvent leur compte… les professionnels eux y sont fous furieux !
- Certains disent que c’est à cause de la crise…
- La crise, elle a bon dos ! Même en pleine crise les Cannois y mangent. Et comme le carreau du Marché Forville est désert… faut croire qu’ils vont faire leurs courses ailleurs, là où on peut garer facilement sa voiture et la charger sans fatigue.
- Enfin Honorine, ici au moins on peut boire un café au soleil !
- Avé le froid qui fait ! Moi je préfère boire un p’tit verre bien au chaud !
- Viens je t’offre à boire au bistrot du coin.
- J’ai pas l’temps… sinon ça va faire plus d’une heure… et je vais devoir payer le parking.
- Alors, tu crois que les clients y choisissent ? C’est ou le marché ou le bar ?
- Voui… et comme ça personne n’est content !
- Elle est où la solution ?
- Oh, Vincent, le Prince c’est pas moi ! Moi, si j’étais aux affaires jamais j’aurais supprimé des places de parcmètres… peut-être que les voitures ça pollue un peu… mais les clients y remplissent les commerces et les restaurants.
- Y z’ont encore les vacanciers !
- Bien sûr… tout cela va dans le sens du Prince et de sa Cour ! Raous les Cannois… vive les touristes, eux y paient gaiement, ça fait partie du budget vacances.
- Et s’il n’ya plus d’estivants à cause de la crise on fait quoi ?
- Yaura encore les congressistes ! Tout espoir n’est pas perdu. Ya des étrangers qui ont encore des sous… et s’ils veulent voir un marché de Provence… faudra qu’ils y viennent un samedi ! Adessias Vincent.
- À ben lèu, Honorine !




Gendarmerie
La Compagnie de gendarmerie de Cannes intensifie sa lutte contre les cambriolages en multipliant ses opérations de contrôle sur les routes du Bassin Cannois et plus particulièrement sur celles de la Vallée de la Siagne. Cependant, nos gendarmes nous rappellent que « la sécurité est l’affaire de tous et passe par des attitudes responsables en observant les bons gestes quand on quitte son domicile ou en alertant les forces de l’ordre à la vue de tout individu suspect » (04 93 68 01 01)…




Racolage
Certains de nos lecteurs se sont étonnés que nous n’ayons pas fait part dans nos colonnes de l’opération de racolage sur la voie publique, par service de bus gratuits interposé, organisée par la municipalité cannoise pour la présentation des vœux du Prince début janvier. Il est vrai que si nous devions tout passer au crible, il nous faudrait doubler notre équipe rédactionnelle ! Toujours est-il qu’il y avait bien des bus gratuits, payés par le contribuable évidemment, qui sillonnaient la ville le jour des vœux. C’est d’ailleurs à se demander si la facture ne devrait pas être mise au compte de la campagne pour les législatives du Prince. Le Rédacteur en Chef de LCD a d’ailleurs été personnellement témoin d’une histoire amusante. Alors qu’il se rendait lui-même par le bus (payant) au Palais pour les vœux, certaines personnes se renseignant auprès du chauffeur s’il s’agissait du bus gratuit préférèrent attendre un bus qui ne viendrait peut-être jamais mais qui avait l’avantage d’être gratuit. Pas très militants les supporters du Prince. À moins qu’ils ne soient tout simplement fauchés ou bien encore radins…




Carré
La tension continue à monter dans le Carré d’Or, ce quartier de Cannes qui devrait être l’emblème du savoir accueillir à la cannoise est devenu peu à peu l’un des lieux les plus dangereux de notre cité. À en croire ce qui se raconte çà et là, les bonnes décisions seraient prises au plus haut niveau, comprenons par le Maire et son premier cercle, mais ne seraient pas appliquées sur le terrain, comprenons par la Police Municipale. Si les « bonnes » décisions ne sont pas appliquées sur le terrain, il apparaît évident que la première responsabilité incombe au patron du service, en l’occurrence au Directeur de la Police Municipale. Et si le Directeur de la Police Municipale n’est pas l’homme de la situation, il revient au Maire de Cannes de prendre ses responsabilités…




Piétonisation
La piétonisation du Marché Forville était l’une des « mesures phares » du Prince, ci-devant Maire de Cannes. Cette piétonisation a donc été lancée à grand renfort de publicité dans tous les media possible. Depuis, semaine après semaine les clients et les marchands se sont fait de plus en plus rares et les paniers de plus en plus légers. Certains voudraient voir dans cette désaffection la responsabilité de la crise. Or, crise ou pas crise, les Cannois continuent à manger ! Seulement ils préfèrent peut-être apporter leur clientèle dans des lieux plus faciles d’accès. Là où ils peuvent remplir un caddie et en transférer le contenu dans le coffre d’une voiture garée à proximité. Force est donc de constater que la piétonisation voulue par le Prince est une fausse-bonne-idée. Certes, le Marché Forville est plus joli sans les voitures garées tout autour, mais les clients sont de moins en moins nombreux à profiter du spectacle. Heureusement, il existe en Provence un vieux proverbe populaire qui nous rappelle qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent jamais d’avis…




Éco-gestes
Même lorsqu’ils ont de bonnes idées (oui, oui, cela leur arrive parfois…) le Prince et son équipe se débrouillent pour se prendre les pieds dans le tapis ! Ainsi lorsqu’il s’est agi de mettre en place des mesures permettant de réduire les factures énergétiques de foyers les plus modestes, pour quelle raison la municipalité a-t-elle choisi de limiter son action à la sphère du « logement social » ? Nos élus croient-ils qu’il n’y a de foyers modestes que dans les HLM ? S’ils étaient un peu plus proches des Cannois, ils sauraient que certains d’entre eux sont si modestes qu’ils ne correspondent même pas aux critères de ressources des offices HLM. Heureusement, une élue, la Dame de Cœur de l’Opposition, justifiant le surnom dont nous l’avons qualifiée, a proposé d’étendre le dispositif municipal à l’ensemble de la population cannoise et, écoutant son bon sens après avoir écouté son bon cœur, fit remarquer que notre commune était loin d’être une référence première en matière de recours à l’énergie solaire.




Culture
Notre dernier article sur les palmiers a dû circuler dans Cannes. Souvenez-vous, nous expliquions que nos anciens rappelaient que les palmiers n’étaient pas réellement des arbres provençaux. Les nôtres subissent d’ailleurs régulièrement les assauts des charançons rouges et des coups de mer. C’est ainsi que le boulevard du Riou va être désormais planté d’oliviers par le service des Espaces Verts. Saluons cette heure initiative et la reconnaissance de la « culture » provençale…




Gaz
Les riverains de la rue Jean de Riouffe commencent à en avoir assez des travaux qui traînent en longueur dans leur rue située à deux pas du Palais des Festivals. Ces travaux sont d’autant plus dérangeants qu’ils ont provoqué deux alertes au gaz en quelques jours suite au creusement de tranchées dans la chaussée. Certains riverains vont finir par penser qu’ils sentent le gaz !




Stupéfiant
La société Escota réalise actuellement des travaux, en fait la construction d’un muret, pour renforcer la sécurité aux abords de l’échangeur de Cannes la Bocca. Tout irait bien si les dirigeants de cette société n’avaient décidé de communiquer en expliquant : « Habituellement, nous mettons en place des plots de séparation pour éviter que les personnes âgées ou sous l’emprise de stupéfiants, d’alcool, prennent les bretelles d’autoroutes en sens inverse. ». Il est intéressant de savoir que certains dirigeants de cette société, appartenant au Groupe Vinci, mettent dans le même sac les personnes âgées avec les chauffards conduisant sous l’emprise de drogue ou d’alcool.




Grand Gala au profit des Restos du Cœur

Dimanche 19 février 14 heures 30
Spectacle gratuit avec, notamment, l’équipe de La Comédia (Alain Demaret, Alain Germain, Chantal Germain, Annie Mancini, Tina Maryna, Tanguy le Magicien). L’organisation des Restos du Cœur ne vous demande que d’apporter des matières premières comme sucre, farine, pâtes, boites de conserve, confitures, etc. Venez nombreux, vous assisterez à un magnifique spectacle de deux heures !

ON COMPTE SUR VOUS !





La Comédia

Vendredi 17 et samedi 18 février à 21 heures
La Troupe de La Comédia présente « La petite hutte ». La petite Hutte est une comédie d’André Roussin, classique vaudeville où l’on retrouve le triangle amoureux constitué de la femme, du mari et de l’amant. Sauf qu’ici, les trois protagonistes se trouvent échoués seuls sur une île déserte après le naufrage de leur paquebot. Assez rapidement, l’amant que son secret exaspère dans une telle promiscuité, dévoile au mari ses sentiments et lui propose de partager équitablement le temps avec la femme. On s’aperçoit très vite que la proposition acceptée ne simplifie pas véritablement l’existence du trio. Distribution de rôles : Emi Vivaldi (Suzanne), Johan Shies (Philippe), Serge Giordano (Henri) et Éric Sousseing (l’intru). Mise en scène : Alain Demaret.
Entrée : 19 euros (avec une consommation)
Possiblité d’une assiette grignotage : 14 euros (sur commande à la réservation)

Atelier Chant
Pour adultes et adolescents, tous les mardis à partir de 17 heures 30.

Atelier Théâtre
Pour adultes et adolescents, tous les mercredis à partir de 17 heures 30.